Lettre d’Étienne de Blois à Adèle de Normandie

Les premières croisades et Étienne de Blois

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Le contexte de la première croisade

La première croisade a eu lieu au XIe siècle, lorsque les chrétiens d’Europe occidentale ont répondu à l’appel du pape Urbain II pour libérer la Terre Sainte des mains des musulmans. Plusieurs facteurs ont contribué à la décision des chrétiens de se lancer dans une croisade, notamment la pression croissante exercée par les invasions musulmanes en Europe, la croissance de l’islam en Orient et le désir de pèlerinages à Jérusalem.

Étienne de Blois a également répondu à l’appel du pape et a participé à la première croisade. Il a rassemblé une armée et a rejoint les autres croisés en route vers la Terre Sainte.

Les croisés ont ensuite poursuivi leur voyage vers Jérusalem, rencontrant des succès et des revers sur leur chemin. Ils ont finalement réussi à prendre la ville en 1099, mettant fin à un siège de plusieurs mois et tuant la plupart de ses habitants musulmans et juifs. Les croisés ont ensuite établi des États latins en Terre Sainte, dirigés par des seigneurs croisés et protégés par des ordres militaires tels que les Templiers et les Hospitaliers.

Cependant, la prise de Jérusalem n’a pas mis fin aux conflits entre chrétiens et musulmans en Terre Sainte. Les musulmans ont continué à lutter pour reconquérir la région et les croisés ont dû se défendre contre de nombreuses attaques. Les croisades ont finalement pris fin au 13ème siècle, après des siècles de combats sanglants et de négociations diplomatiques.

La vie d’Étienne de Blois

Étienne II de Blois est né en 1045, il était le fils de Thibault II de Blois et de Gersende du Maine. Il est devenu comte de Blois et de Chartres en 1089. Il est notamment connu pour son implication dans la première croisade, après avoir répondu à l’appel du pape Urbain II en 1096.

Il part avec le duc Robert Courteheuse sous le commandement de Robert II de Flandre. Il décide de quitter la première croisade durant le siège d’Antioche. Il considère que le siège va être un échec, et il ne souhaite pas mourir d’une mort inéluctable. Malheureusement, pour Étienne II de Blois le siège réussi et les croisés arrivent jusqu’à Jérusalem en 1099, sa réputation est terrible ternie.

Une fois de retour à Blois, sa femme l’invite à repartir pour laver sa réputation, chose qu’il fait durant la deuxième vague de participants pour la première croisade durant le printemps 1102. Il meurt à Ramla le 19 mai 1102 certainement capturé et tué.

Deux lettres d’Étienne-Henri adressées à Adèle lors de sa présence en Terre sainte nous sont parvenues, et donnent une description de première main sur les événements.

Extrait de la lettre d’Étienne de Blois

Nous nous sommes dirigés vers Nicomédie, ville dévastée par les Turcs, lieu du martyre de saint Pantaléon, où se trouve l’extrémité de ce bras de mer, puis vers la grande ville de Nicée, en bénissant le Seigneur. Nicée, ma chère, est ceinte d’une formidable muraille qui compte plus de trois cents tours. Nous y avons rencontré des Turcs audacieux et belliqueux : là, pendant quatre semaines, l’immense armée de Dieu livra un combat sans merci contre les Nicéens.

[…]

Les Turcs, saisis de terreur, firent savoir à l’empereur qu’ils se rendaient, sans armes, à la condition de recevoir un sauf-conduit et de se remettre vivants au pouvoir de l’empereur. Apprenant cela, le vénérable empereur vint jusqu’à nous, mais il n’osa pas entrer dans sa ville de Nicée, de peur d’être étouffé par la foule délirante de joie de ceux qui le vénéraient comme leur propre père. Il se retira dans une île, non loin de nous. Tous nos princes, à l’exception de moi-même et du comte de Saint-Gilles, s’y précipitèrent, pour se réjouir avec lui de cette si grande victoire, et il les reçut tous, ainsi qu’il le fallait, avec une grande bonté. Il était ravi que je demeure dans la ville pour veiller à ce que la foule hostile des Turcs n’attaque pas la cité ou notre armée : c’est avec une joie plus grande et plus agréable, puisque j’étais resté sur place, qu’il reçut son butin, presque l’équivalent d’une montagne d’or. Depuis l’île où il se trouvait, l’illustre empereur ordonna que les plus précieuses pièces du butin pris à Nicée, c’est-à-dire l’or, les pierres précieuses, l’argent, les étoffes, les chevaux, soient offertes aux chevaliers; toutes les victuailles furent distribuées aux soldats; les princes furent couverts de cadeaux pris sur son trésor personnel. C’est ainsi, comme je l’ai dit, que, sous le règne du Dieu triomphant, tomba la grande ville de Nicée, le XIIIe jour des calendes de juillet. On peut lire qu’à l’époque de l’Église primitive, les saints pères tinrent à Nicée un synode ; c’est là que, après avoir vaincu l’hérésie arienne, ils confirmèrent, inspirés par l’Esprit saint, la dévotion à la Sainte Trinité : cette ville, qui, à cause des erreurs des prêtres, était devenue la maîtresse des erreurs, est désormais, avec l’aide de Dieu, grâce aux pécheurs, ses serviteurs, l’élève de la vérité. Et je t’assure, ma chère, que si Antioche ne nous avait pas fait obstacle, nous aurions fait en cinq semaines le chemin qui sépare Nicée de Jérusalem. Porte-toi bien.

En apprendre plus sur la source originale

Traduction de Ghislain Brunel (trad.), Sources d’histoire médiévale, IXe – milieu du XIVe siècle, Paris, Larousse, 1992, pp. 374-376.

Augustin R.

Ancien étudiant en histoire à l'Université d'Angers, je vous partage sur ce site l'ensemble de mes travaux, connaissances et curiosités ! Je spécialise mes écrits sur les photographies historiques.