La Légion marche : tout un symbole français

La Légion Marche un chant symbole de la Légion étrangère française

Un chant symbole du corps le plus célèbre de l’Armée française

La Légion marche est un chant attaché à la Légion étrangère, un corps bien spécifique dans l’armée française. Plus spécifiquement, ce chant est une marche utilisée par le 2e régiment étranger de parachutistes (2e REP).

La Légion étrangère est valorisée à la fois en France et à l’étranger, elle est cosmopolite, regroupant des hommes des quatre coins du monde, ayant pour seul désir de protéger les couleurs de la France.

La Légion étrangère, une spécificité française

La Légion étrangère est une très ancienne troupe française. Elle prend ses sources dans les troupes étrangères levées par les rois de France, puis par l’empereur Napoléon. Il faut attendre 1831 pour qu’officiellement la Légion étrangère telle que nous la connaissons apparaisse véritablement.

La Légion a connu une forte considération à la fin des années 90. Les gouvernements qui se sont succédés ont présenté ce corps d’armée comme le lieu idéal pour s’assimiler à la France, comme la porte d’entrée pour l’immigration réfléchie.

La France se considère être une nation qui attire les étrangers, notamment par le sacrifice des armes, grâce à sa Légion étrangère. C’est dans cet esprit que les légionnaires défilent sur les Champs Élysées le 14 juillet. Ils sont symboliquement habillés avec des tabliers de cuir et des haches, suivant l’héritage du soldat bâtisseur ou du soldat citoyen post révolution !

Un chant d’origine allemande

La Légion marche est un chant qui prend ses origines dans des chants militaires allemands. Le chant provient initialement, sous une forme légèrement différente, de la Schutzstaffel (SS), sous le nom de SS marschiert in Feindesland (en français : « les SS marchent en territoire ennemi »).

La mélodie du chant provenant lui de l’hymne des volontaires allemands de la Légion Condor. Ce chant a été par la suite décliné dans énormément d’unités SS : division SS Viking, 20e division de grenadiers SS, 1ère division estonienne, la 19e division lettone de grenadiers SS ou encore la Légion des Volontaires Français. Cette dernière est responsable de la première version française, intitulée Le Chant du Diable et est très proche de la version du 2e REP actuellement connue sous le nom de La Légion marche.

Pour comprendre les liens de ce chant avec cette terrible histoire de l’Europe, il est nécessaire de rappeler la forte capacité de la Légion étrangère d’oublier le passé des hommes, pour en faire de fiers soldats français. D’ailleurs, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, de nombreux soldats Allemands ont été accueillis dans ce corps d’armée.

L’adoption du chant par le 2e REP après la Seconde Guerre mondiale peut s’expliquer par cet engagement allemand dans les bataillons parachutistes de la Légion étrangère. Ils adoptèrent le chant des divisions SS en changeant les paroles, du fait de la nouvelle situation géopolitique.

Une forte intégration allemande dans la Légion étrangère

L’histoire laisse parfois les hommes devant leur incohérence. À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, la France est happée dans des guerres de décolonisation, notamment en Indochine. Un jeune officier du nom d’Hélie de Saint-Marc est invité à s’y rendre, et comme compagnons de voyage, des hommes de la Légion étrangère. Cependant, ses compagnons lui sont familiers, ce sont des anciens de la Wehrmacht et de la SS. Alors qu’Hélie était un ancien résistant et réchappé des camps de concentration nazis. Voici deux anciens ennemis servants maintenant pour le même pays, défendant les mêmes intérêts.

Les hommes avaient mis entre parenthèses leur nom, leur famille, leurs racines, leur nationalité. Ils s’étaient volontairement dépouillés de tout ce qui fait l’apparence sociale. Devant nous, ils étaient nus. La règle tacite était de ne jamais parler du passé. Nous la respections tous, conscients que la moindre curiosité pouvait être une offense. Je partageais avec eux la vision de trop de morts. Comme moi, ils essayaient de vivre avec le souvenir des engloutis

Hélie de Saint-Marc, Mémoires. Les champs de braises, Paris, Perrin, 2002.

L’intégration du chant La Légion marche se fait à cette période, les soldats allemands sont démobilisés, ils cherchent meilleur futur. La Légion étrangère devient un important lieu de recrutement. En tout, plus de 250 000 Allemands sont passés dans les rangs de la Légion étrangère (sur toute sa période d’existence). Ce faisant, cette nationalité est de loin la plus importante dans l’histoire de la troupe.

Les paroles de La Légion marche

La Légion marche est un chant avec de nombreuses versions, nous laisserons volontairement de côté les paroles des versions allemandes (Parademarsch der Legion Condor, SS marschiert in Feindesland), de la version norvégienne (På Vikingtokt), ainsi que de la version française intitulée Le Chant du Diable.

Les paroles qui suivent proviennent naturellement de la version La Légion marche, sans les consonances SS et nazies.

La Légion marche vers le front
En chantant nous suivons,
Héritiers de ses traditions
Nous sommes avec elles.

Nous sommes les hommes des troupes d’assaut,
Soldats de la vieille Légion
Demain brandissant nos Drapeaux
En vainqueurs nous défilerons
Nous n’avons pas seulement des armes
Mais le diable marche avec nous.
Ha, ha, ha, ha, ha, ha, Car nos aînés de la Légion
Se battant là-bas, nous emboîtons le pas.
Nous n’avons pas seulement des armes
Mais le diable marche avec nous.
Ha, ha, ha, ha, ha, ha, Car nos aînés de la Légion
Se battant là-bas, nous emboîtons le pas

Pour ce destin de chevalier,
Honneur, Fidélité,
Nous sommes fiers d’appartenir
A ceux qui vont mourir

Nous sommes les hommes des troupes d’assaut,
Soldats de la vieille Légion
Demain brandissant nos Drapeaux
En vainqueurs nous défilerons
Nous n’avons pas seulement des armes
Mais le diable marche avec nous.
Ha, ha, ha, ha, ha, ha, Car nos aînés de la Légion
Se battant là-bas, nous emboîtons le pas.

Nous n’avons pas seulement des armes
Mais le diable marche avec nous.
Ha, ha, ha, ha, ha, ha, Car nos aînés de la Légion
Se battant là-bas, nous emboîtons le pas

Augustin. R

Ancien étudiant en histoire à l'Univers d'Angers, je vous partage sur ce site l'ensemble de mes travaux, connaissances et curiosités ! Je spécialise mes écrits sur les photographies historiques.

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