L'ouvrage coup de cœur d'avril : Petit dictionnaire des Sales Boulots par Nicolas Méra

Plaza del Congreso à Buenos Aires

Situé en plein quartier de Balvanera, le palais du Congrès argentin fait face à la très belle Plaza del Congreso.
Plaza del Congreso et Congrès National - Sebacamalli [pseudo Wikipédia] | Creatives Commons BY-SA 4.0 Deed
Plaza del Congreso et Congrès National

Situé en plein quartier de Balvanera, le palais du Congrès argentin fait face à la très belle Plaza del Congreso. Cette place de sept hectares incluant, les plus petites places de Lorea et de Mariano Moreno est le plus grand espace vert du centre de la capitale.

Sa construction répond au désir de créer des espaces verts ventilés et ensoleillés dans la ville, caractéristique de la Belle Époque de Buenos Aires.

Origine de sa construction

Le premier Congrès national argentin se trouvait sur la Plaza de Mayo, à côté de la Casa Rosada depuis sa création en 1864. Avec l’explosion démographique de l’Argentine à la fin du XIXe siècle, le nombre de députés n’a cessé d’augmenter, poussant les autorités législatives à voter la construction d’un nouveau siège en 1885.

La localisation, entre les avenues Rivadavia et Hipolito Yrigoyen, fut choisie pour sa relative centralité dans la ville. Une fois les travaux débutés en 1887, ce ne fut qu’en 1906 qu’il fut inauguré et que le nouveau Congrès national prit place.

Néanmoins, c’est seulement cinquante ans plus tard, en 1946, avec l’architecte italien Victor Meano que le projet aboutit. Le projet est colossal, inspiré d’un style antique classique, l’édifice totalise 12 000 mètres carrés et un dôme de quatre-vingt mètres de haut, s’arrogeant ainsi le titre de plus haut bâtiment de Buenos Aires lors de son inauguration. 

Congreso Nacional - Jeudelumière [pseudo Wikipédia] | Creatives Commons BY-SA 3.0 Deed
Congreso Nacional – Jeudelumière [pseudo Wikipédia] | Creatives Commons BY-SA 3.0 Deed

Quelques années plus tard, en 1908, à l’approche de la célébration du centenaire de la Révolution de 1910, le maire de la ville Manuel Güiraldes promulgue une loi permettant la création de la Plaza del Congreso.

Dessinée et construite en deux ans sous la direction de l’architecte et paysagiste français Carlos Thays, sa rénovation est saisissante. À l’origine la place n’était qu’un terrain adjacent à l’église de la piedad, bordée de grands arbres, qui servait de marché et de place pour les charrettes.

Après son achat en 1792 par le marchand Isidro Lorea, ce dernier accepta de donner la place au gouvernement municipal en contrepartie qu’elle garde son nom. Suite à la démolition de nombreux bâtiments comme un moulin à farine, un cirque et des habitations privées, la place pût être inaugurée comme prévu en 1910.

Grande de trois pâtés de maisons, c’est l’une des plus grandes places de Buenos Aires. Plus récemment, la Plaza del Congreso fut déclaré patrimoine historique national en 1991, tant pour son esthétique que pour son authenticité. En outre, des plus de sept-cents places de la capitale, c’est l’unique à avoir conservé son nom colonial (La Plaza Lorea).

Une place aux nombreux monuments

La Plaza del Congreso, en plus de sa beauté harmonieuse, bénéficie d’un nombre élevé de monuments historiques et sculptures. Divisée en trois, elle regroupe d’une part la Plaza Lorea avec ses groupes sculpturaux et ses jardins à la française, d’autre part la Plaza Mariano Moreno avec son étang et la sculpture du Penseur et enfin la grande place civique avec sa fontaine et ses parterres fleuris.

Place du Congrès - Jean michel [pseudo Wikipédia] | Creatives Commons BY 2.0 Deed
Place du Congrès – Jean michel [pseudo Wikipédia] | Creatives Commons BY 2.0 Deed

Cette sculpture du Penseur de Rodin, arrivée en 1907 en Argentine, n’est pas une pâle copie et n’a rien à envier à l’originale. En effet, elle a été moulée sur son modèle et porte à sa base la signature de l’artiste.

La fontaine aux deux Congrès quant à elle a été réalisée en Belgique en 1908. Elle symbolise et représente deux événements essentiels de l’histoire argentine : l’Assemblée de 1813 où s’est établie le drapeau, l’écu et l’hymne nationale ; et le Congrès de Tucuman de 1816 ou s’est proclamée l’indépendance.

Depuis 1935, il est aussi possible d’apercevoir sur la place le Monolithe du kilomètre zéro, point à partir duquel commencent à être comptés les kilomètres des routes nationales. Autres joyaux de cette place, le Teatro Liceo, inauguré en 1876 c’est le plus ancien de la ville encore utilisé, ou bien la première ligne de métro inaugurée en Amérique du Sud (1913) la ligne A.

Autrefois observable jusqu’en 1910, un réservoir d’eau de quarante trois mètres de hauteur trônait au milieu de la place depuis sa construction en 1871. Il fut remplacé par le Palais des Eaux Courantes lors de sa création en 1894.

De nos jours, la place a subi de gros travaux de rénovation en 2017 et de sécurisation avec l’ajout de caméras et de grilles autour des bâtiments. En effet, c’est la place la plus vandalisée de la capitale lors des manifestations ou protestations politiques. 

Plaza del Congreso en 1945 - Auteur inconnu | Domaine public
Plaza del Congreso en 1945 – Auteur inconnu | Domaine public

Quelques liens et sources utiles

Mejia, Virgina. Así quedó la Plaza del Congreso después de la última renovación. La Nación.

Savloff, Judith. La Plaza del Congreso, un museo al aire libre. Clarín.

Plaza del Congreso. Arcon de Buenos Aires

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