L’Internationale le chant des socialistes

L'internationale le chant des socialistes

L’Internationale un chant révolutionnaire contre la Commune de Paris.

L’Internationale est un chant révolutionnaire composé durant une période complexe en France, la Commune de Paris. Nous évoquions déjà la création d’un chant composée à la même période, La Strasbourgeoise.

Les paroles ont été composées par Eugène Pottier, auteur et poète français, et la musique par le Belge Pierre Degeyter à Lille en 1888. Le chant connut une renommée internationale, notamment en Russie, grâce à la version d’Arkadi Iakovlevitch Kots. En effet, cette version a servi d’hymne national de la République socialiste fédérative soviétique de Russie, puis à l’Union des républiques socialistes soviétiques de 1922 à 1944.

Un contexte de composition particulier

Le contexte de composition de L’Internationale est particulier, et se déroule après la chute de la Commune de Paris et la « Semaine Sanglante » qui voit tous les communards être réprimés par la République française. Eugène Pottier; l’auteur, alors élu membre pour le IIe arrondissement de Paris pour la Commune de Paris, doit se cacher. Il a participé à la « Semaine Sanglante » et est recherché par les autorités. Il compose L’Internationale puis s’enfuit en Angleterre où il est condamné par contumace le 17 mai 1873.

La Commune de Paris est la plus importante des communes insurrectionnelles de France en 1870 – 1871, à partir du 18 mars 1871 jusqu’à la fin de la « Semaine sanglante » le 28 mai 1871. Les insurgés refusent de reconnaître le gouvernement issu de l’Assemblée nationale constituante. Ils souhaitaient la construction d’une organisation libertaire, fondée sur la démocratie directe, un système communaliste.

La Commune est à la fois le rejet d’une capitulation de la France face aux armées de Bismarck durant la guerre franco-prussienne de 1870 et au siège de Paris, et une manifestation de l’opposition entre un Paris républicain, favorable à la démocratie directe, et une Assemblée nationale à majorité monarchiste acquise au régime représentatif.

Un renommée internationale

L’Internationale est un chant très populaire dans le monde politique de gauche, autant pour les socialistes, anarchistes, communistes que les sociaux-démocrates. L’Internationale devient le chant traditionnel le plus célèbre du mouvement ouvrier, mais également pour les étudiants. C’est notamment le cas de la révolte de la place de Tian’anmen de1989, où le chant L’Internationale est utilisé comme hymne de ralliement.

L’Internationale est utilisée comme hymne national pour l’URSS jusqu’en 1944. Néanmoins, le cinquième couplet sera retiré. Le chant est dans l’ensemble interdit dans de nombreux pays d’Europe à cause de l’apologie du communisme et de l’anarchisme des paroles. Le cinquième couple est aussi un sujet de contestation et de censure des États. En août 1894, l’éditeur Armand Gosselin est condamné par la Cour d’assises à un an de prison ferme pour avoir publié le texte de L’Internationale, incriminé pour le cinquième couplet dit « des généraux », un cas probable de fragging.

En parallèle de la composition de L’Internationale, une autre chanson du même nom, également anti-communard est composé en 1871. Cette oeuvre est composé par Clairville un chansonnier et poète français. L’auteur exprime son hostilité envers l’Association internationale des travailleurs, la Première Internationale, qui s’effondre durant la Commune de Paris, laissant place à la Deuxième Internationale aussi appelé L’Internationale ouvrière.

Les paroles de L’Internationale

Il existe plusieurs versions de L’Internationale, notamment une version manuscrite réalisée avant la publication de 1887. Les paroles qui suivent sont les paroles de la version finale connue de tous.

Debout ! les damnés de la terre !
Debout ! les forçats de la faim !
La raison tonne en son cratère,
C’est l’éruption de la fin.
Du passé faisons table rase,
Foule esclave, debout ! debout !
Le monde va changer de base :
Nous ne sommes rien, soyons tout !

Le refrain est chanté 2 fois sur deux airs différents :
C’est la lutte finale
Groupons-nous, et demain,
L’Internationale,
Sera le genre humain.

Il n’est pas de sauveurs suprêmes,
Ni Dieu, ni César, ni tribun,
Producteurs sauvons-nous nous-mêmes !
Décrétons le salut commun !
Pour que le voleur rende gorge,
Pour tirer l’esprit du cachot,
Soufflons nous-mêmes notre forge,
Battons le fer quand il est chaud !

Le refrain est chanté 2 fois sur deux airs différents :
C’est la lutte finale
Groupons-nous, et demain,
L’Internationale,
Sera le genre humain.

L’État comprime et la loi triche,
L’impôt saigne le malheureux ;
Nul devoir ne s’impose au riche,
Le droit du pauvre est un mot creux.
C’est assez languir en tutelle,
L’égalité veut d’autres lois :
« Pas de droits sans devoirs, dit-elle,
Égaux, pas de devoirs sans droits ! »

Le refrain est chanté 2 fois sur deux airs différents :
C’est la lutte finale
Groupons-nous, et demain,
L’Internationale,
Sera le genre humain.

Hideux dans leur apothéose,
Les rois de la mine et du rail,
Ont-ils jamais fait autre chose,
Que dévaliser le travail ?
Dans les coffres-forts de la bande,
Ce qu’il a créé s’est fondu.
En décrétant qu’on le lui rende,
Le peuple ne veut que son dû.

Le refrain est chanté 2 fois sur deux airs différents :
C’est la lutte finale
Groupons-nous, et demain,
L’Internationale,
Sera le genre humain.

Les Rois nous saoûlaient de fumées,
Paix entre nous, guerre aux tyrans !
Appliquons la grève aux armées,
Crosse en l’air et rompons les rangs !
S’ils s’obstinent, ces cannibales,
À faire de nous des héros,
Ils sauront bientôt que nos balles
Sont pour nos propres généraux.

Le refrain est chanté 2 fois sur deux airs différents :
C’est la lutte finale
Groupons-nous, et demain,
L’Internationale,
Sera le genre humain.

Ouvriers, Paysans, nous sommes
Le grand parti des travailleurs ;
La terre n’appartient qu’aux hommes,
L’oisif ira loger ailleurs.
Combien de nos chairs se repaissent !
Mais si les corbeaux, les vautours,
Un de ces matins disparaissent,
Le soleil brillera toujours !

Le refrain est chanté 2 fois sur deux airs différents :
C’est la lutte finale
Groupons-nous, et demain,
L’Internationale,
Sera le genre humain.

Augustin. R

Ancien étudiant en histoire à l'Univers d'Angers, je vous partage sur ce site l'ensemble de mes travaux, connaissances et curiosités ! Je spécialise mes écrits sur les photographies historiques.

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