L'ouvrage coup de cœur de février : Le Voyage de Magellan par Antonio Pigafetta

L’Irak : la chute d’une nation

Soupçonné de la possession d'armes de destruction massive, les Américains ont décidé de mettre fin au régime de Saddam Hussein.
Des soldats de la 1ère brigade de l'armée irakienne (IA) suivent une formation sur la sécurité du périmètre au camp Cooke, sur la base militaire d'Al Taji, dans la province de Bagdad, en Irak (IRQ), au cours de l'opération IRAQI FREEDOM - US Army | Domaine public
Des soldats de la 1ère brigade de l’armée irakienne (IA) suivent une formation sur la sécurité du périmètre au camp Cooke, sur la base militaire d’Al Taji, dans la province de Bagdad, en Irak (IRQ), au cours de l’opération IRAQI FREEDOM – US Army | Domaine public

Au printemps de l’année 2003, le monde s’est réveillé sur l’invasion de l’Irak par les États-Unis. Le président George W. Bush a donné l’ordre à son armée de se diriger vers le Golfe pour une mission militaire urgente. Le 20 mars 2003 marque le début de cette mission militaire en Irak, une invasion dont l’objectif était de désarmer le pays.

L’Irak, la veille de l’invasion

Au cœur du Moyen-Orient et dans la région historique de la Mésopotamie, l’Irak est le berceau de civilisations antiques et de civilisations islamiques et arabes. Sa position géographique stratégique l’entoure de plusieurs frontières.

Réputé pour ses riches ressources naturelles, notamment le pétrole, l’Irak est convoité par les puissances mondiales. Il se distingue par sa diversité ethnique, abritant des Arabes, des Turkmènes et des Kurdes, et par une population divisée entre sunnites et chiites, bien que l’Islam soit la religion officielle.

Les enjeux sont nombreux pour un pays marqué par des conflits locaux, notamment la guerre Iran-Irak en 1980 et l’invasion du Koweït en 1990. Le président Saddam Hussein, connu pour sa détermination et sa pugnacité, a mené l’Irak à une isolation internationale et a acquis une réputation autoritaire, voire dictatoriale. Le régime est réputé pour sa répression sévère des opposants.

Les États-Unis ont justifié leur invasion de l’Irak en 2003 par la supposée possession d’armes de destruction massive par l’armée irakienne et par des liens présumés entre Saddam Hussein et des organisations terroristes. Ils ont présenté cette opération comme une volonté de promouvoir la démocratie et de désarmer l’armée irakienne.

L’annonce de l’invasion a divisé l’opinion publique. Les opposants ont remis en question les motifs des États-Unis, tandis que les partisans soutenaient l’intervention, affirmant que l’Irak représentait une menace pour la stabilité mondiale et justifiant ainsi l’élimination des armes dangereuses.

L’opération « Liberté irakienne »

Des parachutistes de l'armée américaine de la 173e brigade aéroportée se préparent à monter à bord de C-17 Globemaster III en soutien à l'opération Iraqi Freedom - Tech. Sgt. Stephen Faulisi, U.S. Air Force | Domaine public
Des parachutistes de l’armée américaine de la 173e brigade aéroportée se préparent à monter à bord de C-17 Globemaster III en soutien à l’opération Iraqi Freedom – Tech. Sgt. Stephen Faulisi, U.S. Air Force | Domaine public

Avant d’intervenir en Irak, les Américains ont opté pour une stratégie de prévention anticipative, annonçant préalablement leur invasion pour se donner une légitimité. George W. Bush a rappelé la violation par le régime irakien des résolutions des Nations Unies interdisant la possession d’Armes de Destruction Massive (ADM).

L’intervention américaine en Irak a débuté avec l’opération « Shock and Awe » (Choc et effroi), une campagne de bombardement ciblant les infrastructures militaires irakiennes. L’objectif était de créer un état de choc en perturbant les commandements du régime de Saddam Hussein.

L’armée américaine a ensuite lancé une invasion terrestre contre les forces irakiennes, visant rapidement la capitale du pays. Avec le soutien de l’armée britannique, les troupes américaines ont avancé vers Bagdad, rencontrant une résistance relativement faible de la part des Irakiens, déjà affaiblis par l’invasion.

En quelques semaines, les forces de la coalition américano-britannique ont pris le contrôle de Bagdad et de la gestion du pays. Une autorité provisoire a été mise en place, avec le diplomate américain Paul Bremer en charge de l’occupation. Le président Saddam Hussein a fui en avril de la même année.

L’exécution d’un président

Le 9 avril 2003 est la date marquante de la chute de la statue de Saddam Hussein, symbolisant le renversement du gouvernement baasiste. Suite à cela, Saddam Hussein est entré en clandestinité. Disparaissant sans laisser de trace, il a réussi à s’échapper, accompagné de plusieurs membres du gouvernement renversé.

Saddam Hussein 1975 - Mohammed fahel | Creative Commons BY-SA 4.0
Saddam Hussein 1975 – Mohammed fahel | Creative Commons BY-SA 4.0

La première apparition « vocale » de Saddam Hussein remonte au mois d’octobre 2003, lorsqu’il s’est adressé au peuple irakien, les exhortant à résister à l’invasion américaine. Après 8 mois de fuite, l’armée américaine a réussi à capturer celui qu’elle considérait comme une menace pour la stabilité nationale dans l’opération Red Dawn. Le 13 décembre 2003, Saddam Hussein a été arrêté.

Pendant tout ce temps, il se cachait dans un réduit de 2,5 mètres sous terre. En sa possession, il avait deux kalachnikovs, un pistolet et 750 000 dollars. Suite à son arrestation, Paul Bremer a fièrement annoncé la capture de Saddam Hussein par la célèbre phrase : « We got him » (On l’a eu).

Un tribunal exceptionnel, le Tribunal Spécial Irakien (TSI), a été chargé du jugement de Saddam Hussein. Il a été accusé de génocide, de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et de violations des droits de l’Homme.

Le procès a débuté en octobre 2005 et s’est conclu en 2006. Reconnu coupable, Saddam Hussein a été condamné à la peine capitale par pendaison en novembre 2006. Le 30 décembre 2006, il a été exécuté, malgré les appels à renoncer à cette sentence, ce qui a suscité l’indignation de l’opinion publique

L’Irak après la chute de Saddam Hussein

L’invasion américaine en Irak a engendré une période d’instabilité et de violence, exacerbant les tensions entre divers groupes religieux après la disparition de Saddam Hussein. Des tensions ethniques longtemps contenues ont resurgi. L’insurrection s’est rapidement propagée, déclenchant des conflits internes, dont la guerre entre chiites et sunnites. L’attaque d’Al-Qaïda contre la mosquée chiite de Kerbala en 2003 a intensifié cette guerre civile, qui a causé plus de pertes humaines que l’invasion américaine elle-même.

L’intervention américaine a entraîné une déstabilisation régionale au Moyen-Orient. Les intentions initiales des États-Unis d’éradiquer le terrorisme et d’assurer une stabilité politique se sont avérées infructueuses. Bien que la capture et l’exécution de Saddam Hussein aient été saluées par certains, l’objectif de pacifier la région n’a pas été atteint.

En 2011, l’armée américaine s’est officiellement retirée de l’Irak, laissant un pays profondément déstabilisé. Cette intervention a été largement critiquée, car les armes de destruction massive que Saddam Hussein était censé posséder n’ont jamais été trouvées, remettant en question la justification de l’opération américaine. Toutefois, certains Américains continuent de soutenir l’initiative de George W. Bush en 2003, considérant que l’élimination du régime de Saddam Hussein a libéré le monde d’un tyran.

🌍🔥 2003 : La Chute d’une Nation – L’invasion de l’Irak par les États-UnisRevue Histoire

Quelques liens et sources utiles :

Fernando Duarte, 20 ans plus tard, où sont les principaux acteurs de la guerre en Irak ?, 20 mars 2023

Christophe Péry, Irak guerre d'(2003-2011), 2023

Le Monde, Au centre de Bagdad, la chute d’une statue de Saddam Hussein, 09 avril 2003

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