La haine des Français et de la France, le french bashing

Le 14 février 2003, Dominique De Villepin prononce un discours à l'ONU contre la guerre en Irak

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Sur plusieurs aspects, la France a longtemps été le centre du monde. À l’initiative de nombreux traités, d’alliances, d’innovations, de découvertes, la culture française s’expatriait dans tous les pays d’Europe et du monde. Cela a aussi été le cas pour la langue, qui, depuis 1648 et les traités de Westphalie était la seule langue internationale. Cette indiscutable supériorité de la langue et du pays se voit être mise à mal au cours du XIXe et XXe siècles, les mondes anglophone et germanophone veulent leur part du gâteau !

La perte du softpower de la France et de la francophonie s’explique par l’émergence d’un puissant concurrent de l’autre côté de l’Atlantique : les États-Unis. Ayant comme volonté première, la domination du monde occidental par sa culture et ses idéologies. La situation démographique joue également contre la France, elle ne peut rivaliser avec les millions de locuteurs anglophones dans le monde. Déjà, avec le traité de Versailles en 1919, la France se voyait obligée de cohabiter avec la langue anglaise dans les discussions internationales.

Ce sujet peut être interprété de mille manières. Dans notre cas, nous souhaitons simplement faire la lumière sur un état de fait, et répondre à un réel questionnement de la part des internautes. Un simple passage sur Quora peut vous éclairer et vous montrer une des facettes des relations entre anglophones et francophones.

Avec notre approche habituelle, nous allons détailler ces relations et les raisons de la montée du french bashing.

L’image de la France évolue au cours de l’histoire

Le french bashing est popularisé aux États-Unis après la Seconde Guerre mondiale. Il faut néanmoins rappeler la période francophile des États-Unis. En effet, à leur indépendance, la France fut leur premier allié matérialisé par le marquis de La Fayette, qui se bat aux États-Unis en tant qu’engagé. Il est le « héros des deux mondes » célébré à la fois en France et aux États-Unis.

« Défenseur de cette liberté que j’idolâtre, libre moi-même plus que personne, en venant comme ami offrir mes services à cette république (des États-Unis) si intéressante, je n’y porte nul intérêt personnel. Le bonheur de l’Amérique est intimement lié au bonheur de toute l’humanité ; elle va devenir le respectable et sûr asile de la vertu, de l’honnêteté, de la tolérance, de l’égalité et d’une tranquille liberté. »

Lettre du marquis La Fayette à sa femme le 7 juin 1777.

Il obtient grâce à son engagement le titre de citoyen honorifique des États-Unis, il réalise une tournée triomphale en 1824, au cours de laquelle il est accueilli et honoré dans 182 villes des 24 États que compte l’Union à cette époque. Ainsi le style à la française se popularise dans les classes privilégiées, notamment dans les États du Sud.

Le souvenir de La Fayette est ancré dans la culture américaine. Les troupes au départ pour le vieux continent en 1917, sont galvanisées par le besoin de rendre honneur au courage de La Fayette plus d’un siècle auparavant.

« Lafayette nous voilà ! »

Général Pershing.

La crise financière de 1929 réduit le softpower français aux États-Unis en lien avec l’augmentation de l’isolationnisme du pays. Néanmoins, il faut attendre l’armistice du 22 juin 1940 pour qu’un sentiment francophobe apparaisse aux États-Unis.

L’armistice de 1940 par la France

Ce n’est pas la défaite française qui pousse les Américains à mépriser les Français, mais l’armistice conclue avec l’Allemagne nazie. En effet, la France s’était engagée auprès des alliés à continuer le combat et à ne pas négocier seule. Cet acte marque un tournant global de la perception de la France à l’étranger. Les pays anglophones voient en cet acte une trahison, les pays colonisés découvrent une France faible et l’ensemble des valeurs diffusées auparavant par la France se voient être décrédibilisées. La défaite française est désastreuse sur tous les plans, elle enclenche des processus d’indépendance dans les colonies, notamment en Algérie et en Indochine. La France n’est plus vue comme invincible.

Comment le pays des Droits de l’Homme, des Lumières, de la Science et de la Laïcité peut négocier avec les nazis et sauter à pieds joints dans la dictature ? Cette vision est néanmoins à charge, toutes les tentatives de Charles de Gaulle pour faire considérer la France libre comme le véritable organe étatique de la France ne fonctionnent pas. Les États-Unis considèrent le régime de Vichy comme légitime, puisque le Parlement a été instigateur de la prise de pouvoir du maréchal Pétain.

Il faut attendre 1944 pour que la France libre prenne enfin une place de choix dans les négociations et la diplomatie des alliés. La France est maintenant représentée par deux entités, l’une se battant avec les alliés, l’autre contre les alliés.

La Seconde Guerre mondiale marque donc le début du french bashing dans les pays anglophones. Par la suite, les événements de la Seconde Guerre mondiale sont utilisés pour décrédibiliser la France et ses soldats. Nombreux sont les exemples de journalistes, ou militaires anglophones qui se sont permis des railleries, c’est notamment le cas de Jay Leno qui déclare sur le plateau du The Tonight Show, le 26 novembre :

« Les troupes françaises sont arrivées en Afghanistan la semaine dernière, pile quand il fallait. Les Français y sont conseillers des talibans, pour leur apprendre à se rendre comme il faut ».

Jay Leno, sur le plateau du The Tonight Show, le 26 novembre 2004.

« [aller] à la guerre sans les Français, c’est un peu comme aller à la chasse au cerf sans son accordéon ».

Propos du général Norman Schwarzkopf, stratège de l’opération Tempête du désert.

L’explosion de haine vis-à-vis de la France a lieu au début des années 2000, lorsque le président américain Georges Bush Jr. lève une coalition ayant pour but de déposer le régime de Saddam Hussein.

Le refus de l’invasion de l’Irak de Saddam Hussein

Tout s’amorce après le refus de la France d’intervenir aux côtés des États-Unis dans la guerre contre l’Irak. Avec des combats qui s’enlisent en Afghanistan, après les attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis de l’administration Bush se cherchent de nouveaux ennemis. C’est dans cette optique que le régime de Saddam Hussein devient le bouc émissaire de l’Amérique. Accusé de soutenir le cerveau des attentats, Oussama Ben Laden, mais aussi de détenir des armes de destruction massive, les États-Unis cherchent à rallier une coalition pour envahir l’Irak.

Les éléments à charge contre le régime de Saddam Hussein ne permettent pas réellement d’affirmer qu’il est en possession d’arme de destruction massive. De plus le lien qui est fait avec l’Irak et les attentats du 11 septembre n’est pas consolidé de preuves. Dans cette optique, la France ne souhaite pas intégrer la coalition, et préfère mener une politique pacifiste, préférant le dialogue et la diplomatie à la guerre.

Les Américains considèrent la position de la France comme un acte de trahison et se lancent dans une grande campagne de dénigrement, allant des injures au boycott, en passant par la diffamation. Rappelons également que la France n’est pas le seul pays à refuser cette intervention. C’est aussi le cas de la Russie et d’une myriade d’autres pays ne possédant pas un siège permanent au conseil de l’ONU. Nombreux pensent que l’utilisation de la France comme bouc émissaire est un moyen pour les États-Unis de ne pas montrer le nombre important de pays à ne pas les soutenir.

Ce dénigrement touche des éléments du quotidien américain, c’est notamment le cas des french fries, qui sont renommées freedom fries, même résultat pour les french toast. Les produits français sont boycottés, les recherches Google travesties (par les utilisateurs et non par l’entreprise). Sur la version anglophone du réseau, en 2003 lorsqu’un internaute réalise la recherche « French military victories« , il tombe sur un résultat indiquant « Did you mean: French military defeats« . Ainsi, au lieu de trouver des pages traitant des victoires militaires de la France, l’utilisateur trouve une fausse page indiquant seulement les défaites.

Cette ambiance délétère provoque l’annulation d’échanges scolaires entre la France et les États-Unis ou encore la suspicion du candidat à la présidentielle américaine John Kerry, qui possède des origines françaises. En somme tout ce qui touche de près ou de loin à la France est dénigré.

Cette situation est le point d’orgue de la francophobie dans le monde. Tout le monde a pu apercevoir ce que peuvent faire les États-Unis à un pays allié et ami de longue date. Néanmoins, les États-Unis ne sont pas les seuls à utiliser la France comme bouc émissaire.

Aujourd’hui, de nombreux pays d’Afrique font le choix de renier les liens privilégiés qu’ils avaient avec la France – ancien colonisateur, les liens avec la France n’étaient pas toujours souhaités, mais les tensions étaient en baisse et le dialogue de mise – pour préférer la Chine ou la Russie, considérés comme plus en adéquation avec les pays d’Afrique, car jamais ces deux pays n’ont eu de colonies.

Le french bashing en Afrique

Depuis la damnation de la Russie, avec le déclenchement de l’opération spéciale en Ukraine, les médias français ont commencé à évoquer le déraillement de la politique étrangère française en Afrique. Les pays et les populations semblent mener un combat toujours plus fort pour expulser la France de son territoire, mais pas pour être indépendants… non, juste pour nous remplacer par les mercenaires de Wagner ou les diplomates chinois.

Exemple de vidéo de propagande pro-russe en Afrique.

Spécificité française, le passé colonial est toujours remis sur la table durant les débats avec les pays d’Afrique. Rappelons quand même que la Belgique, le Royaume-Uni, l’Espagne ou encore le Portugal ont également possédé des colonies en Afrique. Aussi, rappelons que la Russie a colonisé tous les pays limitrophes au sien à partir de 1917, avec la création de l’Union des républiques socialistes soviétiques et a mené des guerres d’expansion politique, notamment en Afghanistan. La Chine, elle, colonise actuellement des territoires en mer de Chine pour agrandir sa ZEE au détriment des pays limitrophes.

La France est régulièrement accusée de participer à l’ingérence des pays d’Afrique, notamment avec son intervention au Mali. Rappelons néanmoins les faits. Le président par intérim Dioncounda Traoré demande l’intervention – demande effectuée sous forme de deux lettres. L’une à la France et l’autre à l’ONU réclamant de l’aide internationale et spécifiquement française pour stopper l’avancée des forces terroristes vers le Sud du Mali.

Par la suite, la France s’installe plus durablement au Mali, afin de former les troupes maliennes et pour maintenir l’intégrité territoriale, le Nord étant encore en proie à des groupes terroristes. Néanmoins, avant l’arrivée de la France, c’était la Trans-Sahara Counter Terrorism Initiative des États-Unis qui devait maintenir la sécurité dans cet espace géographique, notamment en formant les forces locales et en fournissant du matériel. Au déclenchement du conflit entre l’armée malienne, les rebelles touaregs du Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (MNLA) et au mouvement salafiste Ansar Dine, les forces conventionnelles battent rapidement en retraite, malgré la formation prodiguée par les Américains… drôle de ressemblance avec les événements qui se sont déroulés en août 2021 en Afghanistan et à la dislocation de l’ANA, l’armée nationale afghane formée depuis 2002 par les Américains…

La France est une fois de plus utilisée comme bouc émissaire par des pays opportunistes, ne venant en aucun cas pour apporter la liberté, l’indépendance et la démocratie aux pays qu’ils « libèrent »…

Le french bashing dans la culture populaire

Dernier élément de notre tirade sur le french bashing, la place de la France dans la culture populaire. Nous allons mettre en perspective ce sentiment, via des exemples, mais aussi des contre-exemples ! Tout n’est pas noir pour la France.

Les troupes françaises en DLC de leur propre guerre

En 2016 sortait le jeu vidéo Battlefield 1 mettant en scène la Première Guerre mondiale. Étrange choix, mais DICE le studio en charge de Battlefield n’intègre pas les troupes françaises dans le jeu de base. Ainsi, l’armée la plus importante sur le front de l’Ouest est tout simplement rayée de l’histoire du jeu.

Pourquoi pas, me direz-vous, le studio peut bien présenter l’histoire qu’il souhaite. Rappelons néanmoins que cette période marque le centenaire de la Première Guerre mondiale (2014-2018) et occulter volontairement ou involontairement la France paraît être un choix étrange. C’est le cas aussi pour l’armée Russe qui n’est présente dans le jeu que grâce à un DLC (une extension du jeu) alors que c’est l’armée connaissant le bilan le plus lourd de la guerre.

La France est disponible par la suite dans le DLC They Shall Not Pass, et la Russie dans le DLC In the Name of the Tsar.

Mais où est la France dans le monde de Kingsman ?

Kingsman est une série de films lancée en 2015, s’inspirant des comics du même nom. Les deux premiers films suivent une trame contemporaine, avec une équipe qui évolue mais dont le noyau reste au cœur de l’intrigue. C’est le troisième opus : The King’s Man : Première Mission, qui nous intéresse. Il opère un retour dans le passé, pour détailler la création de ce groupe d’agents secrets.

En faisant nos recherches, nous sommes tombés sur l’avis d’un internaute, qui partage en grande partie notre vision du film. En voici quelques éléments :

« J’ai vu le dernier King’s man. […] Pour placer dans le contexte, le film se déroule au début du XXème siècle, durant la Première Guerre mondiale (et un peu avant). […] J’ai été sidéré de voir qu’à aucun moment de tout le film, qui se passe entre autres, dans les tranchés du nord-est de la France (ou en Belgique, enfin on suppose…), qu’à aucun moment n’est citée la France, qu’à aucun moment on ne voit un soldat français, ni le drapeau français, ni même tout simplement, un Français… dans les tranchées… Ouais… Uniquement des Anglais, des Allemands et des Écossais. Sur les cartes du conflit montrées à l’écran, on ne voit que l’Angleterre, l’Allemagne et la Russie. Pire encore, ces cartes disposent de flèches, censées montrer les fronts, et devinez quoi, elles pointent directement l’Angleterre et l’Allemagne (ainsi que la Russie et l’Allemagne), sans passer par la France. C’est à croire que cette guerre meurtrière et sanglante s’est déroulée sur le sol anglais… Sur un plan des tombes fleurissantes du champ de bataille, que des noms anglophones. […] »

Publié sur Reddit par le compte u/Vcz33.

Force est de constater que l’histoire de ce film occulte complètement le rôle de la France durant la Grande guerre, rendant le film étrange. Cet élément a été un motif de critique par les spectateurs. Volonté des scénaristes ou simple pirouette scénaristique pour coller à l’histoire du film ?

Le contre exemple d‘À l’Ouest, rien de nouveau

Ce film tire son histoire du roman du même nom d’Erich Maria Remarque, publié en 1929. Le roman, puis le film de 2022 prennent place du côté allemand durant la Première Guerre mondiale. Un élément déjà atypique, car rarement évoqué dans le monde cinématographique : la vision allemande de la Première Guerre mondiale.

Malgré quelques incohérences avec l’ouvrage initial, ainsi qu’avec l’histoire, le film dépeint les protagonistes avec le plus grand soin. Il montre la cruauté dans tous les camps et n’efface pas de belligérant.

Il véhicule même une image négative des forces allemandes, notamment avec une charge inconsidérée à quelques minutes de l’armistice contre les tranchées françaises. Un tel événement n’a jamais eu lieu du côté allemand, ce qui est moins le cas du côté français.

En somme, c’est un film qui ne véhicule pas les stéréotypes dénigrants de la France, tout en présentant une réalité historique romancée pour parfaire son récit filmographique.

Le french bashing, oui mais jusqu’où ?

L’article est à charge contre la pratique intempestive du french bashing, néanmoins mesurons, il est tout à fait normal d’attaquer et de critiquer ses alliés, ses amis, ses rivaux ! Nous sommes les premiers à être critiques envers le monde anglophone ou nos partenaires européens. Les relations ne peuvent pas être faites que d’amour, d’écoute et de compréhension.

Le french bashing semble très populaire aux États-Unis. Rappelons que les Français n’ont pas massivement immigré vers le Nouveau Monde. Notre part dans la population étasunienne est très réduite, contrairement aux Italiens, Allemands ou Irlandais qui ne peuvent pas être utilisés comme boucs émissaires.

Néanmoins, c’est l’automatisme du french bashing qui rend la pratique dangereuse. Cet état d’esprit est signe d’une diminution du softpower français dans le monde et d’une remise en question toujours plus forte de notre place dans les institutions internationales. C’est à nous, Français de prendre le pas sur ces attaques, ne pas les accepter et se montrer davantage virulents envers les responsables. Nous devons prendre la responsabilité de nos erreurs et fautes passées, mais aussi faire taire les racontars et inepties qui polluent l’espace public.

N’acceptons pas sans broncher la dominance anglophone, qui participe activement à la déstabilisation du monde (conquêtes américaines au Moyen-Orient), mais également à l’affaiblissement de l’économie et de la défense européenne (ingérence américaine dans les affaires intérieures européennes, départ du Royaume-Uni de l’Union européenne) ou encore dans l’annulation de contrats industriels français (les sous-marins australiens, les rafales suisses).

Quelques liens et sources utiles

Jean-Claude Lescure, « L’universalisme de la langue française en Europe à la fin du XIXe siècle », Fournier Finocchiaro, Laura, et Tanja-Isabel Habicht, Gallomanie et gallophobie : Le mythe français en Europe au XIXe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2012.

« Le Mali demande une aide militaire à la France », France TV Info, 2013.

« La lettre du président malien, base légale de l’intervention française », Le Monde, 2013.

« Lettre Ouverte à Electronic Arts : Battlefield 1, l’absence de l’armée Française est choquante », Gameblog, 2016.

« « À l’Ouest rien de nouveau », sur Netflix : magistral mais souvent loin du roman (et des faits historiques) », Slate, 2022.

« Le « French bashing », sport populaire aux Etats-Unis », Libération, 2004.

« « French bashing « , mais pourquoi tant de haine ? », Marianne, 2014.

Départ des troupes américaines d’Afghanistan : « Ce qui est étonnant, c’est l’absence de planification logistique », Le Monde, 2021.

Anne-Marie Duranton-Crabol, « L’anti-américanisme français face à la guerre du Golfe », Vingtième Siècle : Revue d’histoire, Paris, Presses de Sciences Po, no 59,‎ juillet-septembre 1998.

Jean-Baptiste Duroselle, La France et les États-Unis : Des origines à nos jours, Paris, Seuil, 1976.

Augustin R.

Ancien étudiant en histoire à l'Université d'Angers, je vous partage sur ce site l'ensemble de mes travaux, connaissances et curiosités ! Je spécialise mes écrits sur les photographies historiques.

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